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2. LA RÉVOLUTION «WEST SIDE STORY»
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coute près de 3 millions de dollars, mais en rapporte plus du double en salles. Pas en France, où le  lm sort en 1952 et est comme d’habitude entièrement doublé : la critique française estime qu’il s’agit d’une « aimable autocritique d’Hollywood au temps du cinéma muet déclinant». Seul Claude Chabrol parle de chef-d’œuvre.
UN AMÉRICAIN À PARIS : LA FRANCE VUE PAR VINCENTE MINNELLI
En 1950, si la guerre est terminée, tous les
G.I. ne sont pas rentrés aux États-Unis. Le producteur Arthur Freed a en tête d’en faire une histoire. Ancien ami de Georges Gershwin, ami de son frère parolier avec qui il joue au poker, il souhaite tourner un nouveau  lm autour des chansons du compositeur, en utilisant le titre du poème symphonique inspiré
par un voyage à Paris. Alan Jay Lerner écrit
le scénario, en prenant soin de signi er les emplacements des chansons et en indiquant leur tonalité et leur esprit sans préciser lesquelles. Charge ensuite à Gene Kelly, Vincente Minelli, le directeur musical Saul Chaplin et Ira Gershwin de les choisir dans le répertoire de George Gershwin en évitant les chansons trop connues. Pour la jeune française dont tombe amoureux le G.I., Gene Kelly repère Leslie Caron dans un ballet de Roland Petit vu lors d’un voyage en Europe.
Le ballet  nal est frappé du sceau de l’amour de Vincente Minnelli pour l’art et la peinture. Gene Kelly, dépité, danse dans des décors de Paris inspirés par des peintres comme Raoul Dufy, Le Douanier Rousseau, van
Gogh ou Toulouse-Lautrec. Le ballet revisite complètement le  lm – Damien Chazelle s’en inspirera d’ailleurs pour son  nal de La La Land en 2016. Le ballet, véritable  lm dans le  lm, nécessite un mois de tournage, des répétitions entièrement sous la houlette de Gene Kelly : un coût de 500 000 dollars, qui faillit passer à la poubelle par les producteurs qui n’en voyaient pas l’intérêt. Le réalisateur Minnelli bataillera et aura gain de cause.
THAT'S ENTERTAINMENT
En 1953, Tous en scène est le pendant de Chantons sous la pluie dans le monde du théâtre. Le  lm raconte les coulisses du théâtre et la rencontre entre une vedette ringarde incarnée avec audace par Fred Astaire et un metteur en scène d’avant-garde dont le modèle est Orson Welles. Le titre
est inspiré de la dernière comédie musicale
à Broadway d’Adèle et Fred Astaire en 1931, mais l’histoire est entièrement réécrite par
les scénaristes de Chantons sous la pluie.
On conserve des chansons de Howard Dietz, parolier et désormais directeur de la publicité de la MGM, et Arthur Schwartz qui en compose une nouvelle en l’honneur du théâtre : « That’s Entertainment ».
LE SON DE LA MGM
La chanson devenue l’un des hymnes de New York entonnée par les marins qui descendent à terre au début de la comédie musicale et chantée lorsqu’ils arpentent en dansant les rues de la métropole est composée comme plusieurs éléments de la partition de On the town par Leonard Bernstein dans le train qui mène de New York en Californie en plein été où Bernstein doit dirigé Fancy Free. New York New York est composé en passant par les plaines du Nebraska. Bernstein sort un bloc note, de son attaché case,
LA TROISIÈME UNITÉ DE LA MGM
La comédie musicale est si importante à la MGM que le studio dispose à côté de l’unité d’Arthur Freed et de celle de Jack Cummings d’une troisième unité de production dirigée par Joe Pasternak. On surnommait son royaume
« Pasternakia », un pays où l’on fabriquait
des  lms tendres, sentimentaux, sirupeux,
qui n’excitent pas les critiques, mais que le public vient voir en nombre. Entré en dernier au studio en 1942, il est le plus productif avec 40  lms. Son écurie moins prestigieuse en termes de réalisateurs compte Charles Walters, Richard Thorpe, George Sidney. Il monopolise Esther Williams, la sirène d’Hollywood, Jane Powell ou Mario Lanza, produit deux  lms de Gene Kelly et trois avec Franck Sinatra, dont Escale à Hollywood (1945) réalisé par George Sidney, dans lequel Gene Kelly se met à danser avec un personnage de dessin animé, Jerry. Joe Pasternak produit le dernier  lm avec Judy Garland en 1950, La Jolie fermière.
1. L’opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, Moscou 1930 © Getty / Sojus-Foto, Imagno
2. L’opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, Moscou 1930 © Getty / Sojus-Foto, Imagno
3. L’opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, Moscou 1930 © Getty / Sojus-Foto, Imagno


































































































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