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LA FIN DE L'ÂGE D'OR
Parallèlement, les autres studios retournent à la comédie musicale. Warner fait tourner Doris Day, la Paramount Bing Crosby dans des comédies essentiellement réunies sous la bannière Road to Singapore, et le fameux L’amour chante et danse où il crée la chanson d’Irving Berlin « White Christmas ». La Fox investit dans un style plus tapageur que la MGM. Mais la  n n’est pas loin : le rock et la télévision guettent...
LES VOIX
FANTÂMES
D'HOLLYWOOD
Dans les années 40, les producteurs et auteurs de comédie musicale se tournent vers des romans forts et aux thèmes sociaux et les adaptent en comédie musicale. Il y eut Carousel, Oklahoma, le roi et moi par Rodgers et Hammerstein.1952 : le producteur Gabriel Pascal approche Alan Jay Lerne : « Je souhaiterais faire une comédie musicale de Pygmalion, le livre de George Bernard Shaw, cette histoire qui raconte l’élévation sociale d’une petite vendeuse de violette de Covent Garden par la grâce d’un britannique misogyne. L’auteur a toujours refusé une telle adaptation de son vivant, mais maintenant qu’il a disparu, plus rien ne l’empêche et je souhaiterais que vous l’écriviez avec Frederik Loewe ». Cole Porter, Rogers et Hammerstein, Irving Berlin, Frank Loesser, avaient déjà refusé la proposition mais Alan Jay Lerner accepte après avoir écrit le scénario du  lm "Un américain à Paris".
Après un timide premier essai Life of the party salué par la presse, leur premier grand succès en 1947 est Brigadoon, un récit original situé en Ecosse autour d’un village qui prend vie un seul jour tous les cent ans. L’histoire est inspirée à la fois par les œuvres de JM Barrie, le créateur de Peter Pan,
et par un roman allemand « Germelshausen »
de Friedrich Gerstäcker. C’est l’histoire de deux touristes américains qui tombent par hasard sur
ce petit village éveillé le temps d’un jour et dont l’un tombe amoureux d’une habitante. Ballets et mélodies enchanteresses ponctuent le spectacle dont l’un des points d’orgue immortalisé au cinéma par Gene Kelly est la chanson « The heather on the hill », chanson autour du sentiment amoureux servi au cinéma par la voix douce et  uette du danseur athlétique. jour et dont l’un tombe amoureux d’une habitante. Ballets et mélodies enchanteresses ponctuent le spectacle dont l’un des points
d’orgue immortalisé au cinéma par Gene Kelly est
la chanson « The heather on the hill », chanson autour du sentiment amoureux servi au cinéma par la voix douce et  uette du danseur athlétique. fois par les œuvres de JM Barrie, le créateur de Peter Pan, et par un roman allemand « Germelshausen » de Friedrich Gerstäcker. C’est l’histoire de deux touristes américains qui tombent par hasard sur
ce petit village éveillé le temps d’un jour et dont l’un tombe amoureux d’une habitante. Ballets et mélodies enchanteresses ponctuent le spectacle dont l’un des points d’orgue immortalisé au cinéma par Gene Kelly est la chanson « The heather on the hill », chanson autour du sentiment amoureux servi au cinéma par la voix douce et  uette du danseur athlétique. jour et dont l’un tombe amoureux d’une habitante. Ballets et mélodies enchanteresses ponctuent le spectacle dont l’un des points
d’orgue immortalisé au cinéma par Gene Kelly est
la chanson « The heather on the hill », chanson autour du sentiment amoureux servi au cinéma par la voix douce et  uette du danseur athlétique.
GEORGE CUKOR, L'HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES
L’autre grand réalisateur de musical vient aussi de Broadway. Synonyme d’élégance, de subtilité et de légèreté, Georges Cukor ne réalise que quatre  lms musicaux sur les 51 qu’il tourne, mais il n’a pas son pareil pour diriger ses
1. L’opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, Moscou 1930 © Getty / Sojus-Foto, Imagno
SEXY FOX
À la Fox, qui croit toujours aux  lms musicaux, les  lms aux couleurs vives sont plus sensuels, osés, avec des chorégraphies qui soulignent la musculature des corps. À Betty Grable, égérie du studio, succède Marylin Monroe après
le succès inattendu de Niagara, qui bientôt chantera portée à bout de bras par d’élégants hommes en frac noir « Diamonds are Girl’s Best Friends » dans Les Hommes préfèrent les blondes (1953).
LES HOMMES PRÉFÈRENT LES BLONDES
Au sortir de la guerre, la politique éditoriale de la 20th Century Fox est assez basique:
tout est porté sur la plastique d’actrices, blondes de préférence. Le studio en prend le maximum sous contrat et achète les scénarios susceptibles de les mettre en avant. Les Hommes préfèrent les blondes est une parfaite comédie musicale de Broadway. Le réalisateur Howard Hawks, qui explique qu’il avait rendu le  lm volontairement vulgaire et racoleur sans la moindre recherche de réalisme, se souvient :
« Nous avions de très bonnes scènes rien
qu’en faisant marcher les deux actrices dans une pièce. » Jack Cole, chorégraphe attitré
de la Fox, et coach de Marylin Monroe, corse
la chorégraphie initiale d’Agnès de Mille à Broadway. Il imagine ainsi une scène dans une salle de gym où des gaillards bodybuildés en caleçon couleur chair discutent et épatent une Jane Russel émoustillée devant les muscles saillants et déçue par la discipline de fer de ces jeunes hommes qui se couchent trop tôt.
LA MÉLODIE DU BONHEUR
La Fox adapte également les comédies musicales à succès de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II, Oklahoma! (1955) et
Carousel (1956). Trop proches des spectacles de Broadway, ces adaptations n’utilisent pas au mieux les ressorts qu’offrent la caméra
et le montage. Seul Le Roi et moi (1956), où Yul Brynner reprend le rôle du roi de Siam, créé initialement à Broadway, semble tourné pour la caméra et plonge avec délice dans
un pays de Siam reconstitué. Il faut attendre l’arrivée de Robert Wise aux commandes de La Mélodie du bonheur pour décupler au cinéma le plaisir du théâtre. Le découpage inventif de la séquence d’ouverture du  lm tournée en hélicoptère dans les Alpes autrichiennes avec un zoom progressif sur l’héroïne incarnée par Julie Andrews reste iconique. Tout comme
la séquence de sortie du couvent tournée en divers endroits de Salzburg, montée dans un rythme rapide et qui éclaire sur la détermination de la jeune  lle.
ROBERT WISE ET WEST SIDE STORY (1961)
Robert Wise signera aussi l’adaptation au cinéma de West Side Story en 1961. Metteur
en scène américain né en 1914 dans l’Indiana
et étudiant en journaliste, il a gravi tous les échelons à la RKO, en commençant comme coursier. Économie de moyens, précision du découpage, rigueur des cadres, clarté de la mise en scène,  uidité du montage... son style rigoureux convient parfaitement à la réalisation de  lms musicaux comme La Mélodie du bonheur. Il sauve West Side Story du désastre en remplaçant le chorégraphe Jerome Robbins, trop novice en matière de cinéma et pointilleux. La passation de pouvoir est délicate, et c’est ensemble qu’ils s’entendent sur les décors, réalisent quelques essais de danse dans les rues de New York pour tester leurs idées. Le  lm évoque dans sa réalisation La Fureur de vivre, dont Natalie Wood est déjà l’interprète, tout en restant extrêmement  dèle à son original de Broadway. Six mois de tournage, dans un format lourd à manipuler : le 70 mm est nécessaire, mais le  lm décuple la renommée de l’œuvre et remporte dix Oscars. Un  lm imaginé au départ pour Audrey Hepburn et Elvis Presley, car le rock’n’roll était devenu la musique la plus populaire.
2. LA RÉVOLUTION «WEST SIDE STORY» 81


































































































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