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2. LA RÉVOLUTION «WEST SIDE STORY»
NOMENCLATURE CHANSON
et l’arrivée du cinéma parlant l’attirent à Hollywood. D’abord embauché comme responsable des dialogues, il fait répéter les acteurs. Ce sera toute sa vie sa marque de fabrique.
A STAR IS BORN
En 1954, Cukor offre son plus beau rôle à
Judy Garland dans Une Étoile est née, une commande de son mari producteur Sidney Luft pour relancer la carrière de l’actrice qui vient d’être licenciée de la MGM. Il s’agit d’un remake d’un  lm de 1937 sur les coulisses d’Hollywood et le destin tragique d’une star tombée dans l’alcoolisme. George Cukor aime tourner sur les coulisses du spectacle : « J’ai l’habitude de voir mes amis du monde du spectacle tristes, les yeux pleins de larmes, alors que tout le monde les voit comme des gens joyeux, amusants, sans problème. » George Cukor appréhende le  lm comme un portrait très visuel d’Hollywood, et avant tout comme du théâtre : les numéros chantés ne doivent pas interrompre l’intrigue. Tout est sous-entendu. Judy Garland y est bouleversante auprès de James Mason qui incarne l’acteur alcoolique.
MY FAIR LADY
Pygmalion est une  gure centrale dans l’œuvre de George Cukor : l’homme qui aimait les femmes est aussi l’homme qui
faisait les femmes, un thème qu’il esquisse
déjà dans Une Étoile est née. My Fair Lady est l’apothéose de son travail dans la comédie musicale, un summum de l’élégance avec,
dès le générique, un gros plan sur des  eurs, comme une promesse. Cukor réalise la prouesse de transformer la pièce misogyne
de George Bernard Shaw en un beau portrait de femme. Avec Les Girls, avec Gene Kelly et Marylin Monroe, et Le Milliardaire, toujours avec Marylin et Yves Montand, il poursuit dans un degré de ré exion sophistiquée propre aux comédies qu’il a réalisées. Mais Georges Cukor ne se considérait pas comme metteur en scène de comédie musicale, comme Vincente Minnelli ou Stanley Donen. Lorsqu’on lui  t remarquer que ses œuvres étaient différentes, plus humaines, il répondit « J’en sais peut-être plus sur l’être humain que Minnelli ou Donen. »
ELVIS
Les années 1950 signent à la fois l’apogée
et la  n de la grande époque des comédies musicales à la MGM. Quelques années après Chantons sous la pluie, on passe à partir de 1959 de quatre comédies musicales par an
à une seule, on se sépare de l’orchestre, de toutes les charges  xes. Le rock arrive. Elvis Presley est désormais le héros des adolescents
1. L’opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, Moscou 1930 © Getty / Sojus-Foto, Imagno
2. L’opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, Moscou 1930 © Getty / Sojus-Foto, Imagno
CHANSON
D'AMOUR :
« MARIA » CREATION 1928, Berlin AUTEUR Bertolt Brecht
REPRESENTATIONS    COMPOSITEUR
350 représentations Kurt Weill
avant la  n de 1930, ACTEURS
le plus grand succès PRINCIPAUX théâtral sous la
République de Weimar.
Première représentation
en France en 1930 MISE EN SCENE
Erich Engell
La chanson devenue l’un des hymnes de New York entonnée par les marins qui descendent à terre au début de la comédie musicale et chantée lorsqu’ils arpentent en dansant les rues de la métropole est composée comme plusieurs éléments de la partition de On the town par Leonard Bernstein dans le train qui mène de New York en Californie en plein été où Bernstein doit dirigé Fancy Free. New York New York est composé en passant par les plaines du Nebraska. Bernstein sort un bloc note, de son attaché case,
actrices, notamment Audrey Hepburn dans Une Étoile est née (1954). Metteur en scène à Broadway, il s’y fait d’abord une réputation de directeur d’actrices lorsqu’il dirige Ethel Barrymore et la jeune Bette Davis. La crise
Lotte Lenya (JENNY),
Kurt Gerrron (TIGER BROWN)


































































































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